Fini le temps des discours qui opposent bénéfice et politique éditoriale ? Fini les prix de page de plus en plus bas ? Fini la surproduction et retour à un tirage intelligent chez certains éditeurs ? Enfin un vrai dialogue dans certains bureaux autour d'une politique éditorial et non pas à la vas-y qu'on va faire des brouzoufs sans prise de risque ?
Je n'en sais rien, mais en tout cas, l'auteur de bande dessinée commence à se révolter et réalise que l'union fait la force. Après l'intelligente Maison des Auteurs de Bande Dessinée, voilà un syndicat qui se crée sous l'impulsion de quelques uns (que honneur et mérite leur soient rendus) sous l'égide de la SNAC (Syndicat National des Auteurs/Compositeurs).
Je me prends à rêver que certains éditeurs arrêteront de se prendre pour des banques qui font des crédits aux auteurs en espérant un retour sur investissement rapide. Qu'ils commenceront à parler politique éditoriale et non pas chiffre d'affaire. Qu'ils prendront conscience du prix qu'il en coûte à un auteur pour faire un album. Qu'enfin, lorsqu'on se dit gros éditeur, cela se justifie dans les actes à travers une relation privilégiée, un sentiment de modestie lorsqu'on réalise que ce sont les auteurs qui font tourner la boîte.